ENSEIGNEMENT

Corriger une copie  (ENSEIGNEMENT) posté le lundi 13 novembre 2006 13:45

En ce moment, nombreux sont ceux qui se délectent de dire que les professeurs ne travaillent guère (ils fondent leur opinion sur le temps de travail devant élèves).

 

Les cours, bien sûr, nous les improvisons ou nous les connaissons par coeur, alors passons aux corrections :

Petit exercice à faire, chrono en main :

Prenez une copie double (c'est la moyenne) manuscrite (et pas toujours lisible), lisez-la. 

Vérifiez que les réponses sont correctes et attribuez des points.

Pour corser la chose, il faut évidemment imaginer que les élèves donnent des réponses partielles, ainsi, quand la réponse attendue est

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,

on trouve dans les copies* :

- Les droits de l'homme et du citoyen,

- La déclaration des droits de l'homme,

- La déclaration du citoyen,

- La déclaration des droits du citoyen,

- La démocratie des droits de l'homme et du citoyen,

etc.

*ces exemples sont pris dans le paquet de copie que j'ai sous les yeux.

Que faire ?

- 0 quand c'est incomplet ? Pourtant, c'est déjà mieux que ceux qui n'ont rien répondu ou ont répondu faux.

- Tous les points parce  que l'élève a presque donné la bonne réponse ?  N'est-ce pas cependant injuste par rapport à ceux qui ont donné exactement la réponse attendue ?

- La même note (la moitié des points, par exemple) pour toutes les réponses partielles ou on ajuste en fonction ?

C'est évidemment ainsi pour toutes les réponses.

Autres questions à se poser :

- Mettez-vous la même note à ceux qui font une phrase et à ceux qui donnent juste le mot ?

- Enlevez-vous des points pour les erreurs de syntaxe (phrases incorrectes) ?

Pour les deux questions : N'est-ce pas injuste de ne pas faire de différence ? Et si l'on note différemment, faut-il enlever une partie des points à chaque réponse, ou à la note finale ?

- Enlevez-vous des points pour l'orthographe ? Si oui, à partir de combien d'erreurs ?

- Et la présentation ?

etc.

Une fois que vous avez répondu à toutes ces questions, vous essayez de corriger de la façon la plus juste possible toutes les copies.

Il faut ensuite rédiger les appréciations : elles ne doivent pas être trop longues parce que, sinon, les élèves ne les lisent pas, mais suffisamment pour qu'ils comprennent comment faire mieux la prochaine fois.

     Comptez le temps passé à corriger la copie     (à multiplier par +/- 30).

Ci-dessus, j'ai pris un exemple simple : des questions et des réponses justes ou non.

Plus compliqué, maintenant : la copie de français (rédaction, dissertation, commentaire de texte) ou de philosophie.

En effet, aucune copie ne se ressemble, et vous devez à chaque fois envisager la pertinence des idées, l'ordre dans lequel elles sont présentées, le lien entre les arguments et les exemples, la richesse du lexique, etc.

Comment noter le plus justement ?

Comment faire comprendre à l'élève qui a écrit trois copies doubles qu'on lui a mis 5 ?

etc.

Rions un peu : Personne ne nous apprend à corriger des copies durant notre "formation" !

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Les profs devraient travailler 35 heures !  (ENSEIGNEMENT) posté le dimanche 12 novembre 2006 14:33

Dans une vidéo qui arrive à point nommé, juste avant le vote pour élire celui des socialistes qui sera candidat à la Présidentielle, Ségolène Royal propose que les enseignants soient présents 35 heures sur leur lieu de travail et s'occupent du soutien scolaire.

La vidéo étant tronquée, j'ignore dans quel contexte elle a dit cela, mais les différentes réactions que j'ai pu entendre ou lire ça et là, montrent que beaucoup parlent sans connaître le sujet :

"Les profs sont toujours en vacances !"(Daisy Desressus)

"Ils travaillent un mi-temps, payé comme un temps plein. "(G. Desprejugés)

 Le temps de travail

D'abord, un enseignant n'est payé que 10 mois (le salaire est ensuite annualisé). En effet, à l'époque où l'école est devenue obligatoire pour tous, la France était en majorité rurale et les enfants étaient des bras réquisitionnés aux champs. L'enseignant était donc en chômage forcé. L'année s'est, depuis, allongée pour commencer aujourd'hui le 1er septembre et se terminer vers le 5 juillet (un peu plus tard parfois, ça dépend des corrections d'examen).

Les enseignants peuvent donc travailler de façon déclarée s'ils parviennent à s'organiser (vous remarquerez cependant que ce sont le plus souvent les professeurs de mathématiques, de musique, de dessin ou d'EPS qui donnent des cours quand les professeurs de lettres sont souvent contraints, eux, de travailler à temps partiel pour s'en sortir).

Faut-il aussi rappeler qu'un cours se prépare ? Le professeur doit le créer en fonction des instructions officielles, de ses élèves (car chaque classe est unique) et du manuel (sachant que l'on ne doit pas abuser des document polycopiés). Posséder un savoir universitaire est loin d'être suffisant, car il faut ensuite trouver le moyen de le transmettre à des élèves pas forcément enthousiastes et dont les profils sont différents.

Il faut ensuite élaborer des contrôles, puis les corriger avant d'entrer les notes dans l'ordinateur pour le bulletin et le livret sur lesquels on doit rédiger des appréciations.

Et corriger, ça prend du temps ! En particulier, mais ça, personne n'ose le dire dans certaines matières comme le français où l'on doit évaluer non seulement la pertinence des réponses, mais aussi l'ordre des idées, la syntaxe, l'orthographe, etc., sachant que, pour une rédaction, un commentaire ou une dissertation, toutes les productions sont très différentes et que c'est parfois un vrai casse-tête de les évaluer !

Corriger, c'est aussi, comme le nom l'indique, faire un sort à l'erreur pour que l'élève ne la reproduise pas. Le problème, c'est que tous les élèves n'ont pas fait les mêmes erreurs et qu'il faut expliquer à chacun ce qu'il doit faire pour progresser.

Finalement, même l'enseignant le plus fainéant ne peut guère s'en sortir à moins de 35 heures par semaine.

Quant aux plus consciencieux, il n'est pas rare qu'il travaillent plus de 50 heures (un sondage interne, il y a quelques temps, avait montré que les professeurs de lettres travaillaient en moyenne 70 heures hebdomadaires).

L'organisation est faite de telle façon qu'il n'est pas rare de se coucher très tard ou se lever très tôt, de travailler le week-end entier et qu'il est impossible de ne rien faire durant les vacances.

Par ailleurs, j'ai travaillé dans divers domaines pour avoir la chance de suivre des études et je peux donc comparer et affirmer qu'1 heure de cours est déjà beaucoup plus épuisante que d'autres activités professionnelles.

Je ne suis pas en train de dire que c'est le métier le plus pénible, loin de là, d'autant qu'il apporte de nombreuses compensations à celui qui l'aime, mais celui qui croirait que faire cours c'est une sinécure, devrait essayer, je doute qu'ils maintienne longtemps son avis (même Sophie de Menthon -ceux qui écoutent les GG la connaissent- à qui j'ai proposé d'échanger 1 semaine de sa vie de patronne avec 1 semaine de ma vie de prof, a reconnu que c'était un métier extrêmement difficile et épuisant qu'elle avait exercé durant 1 an et qu'elle ne se sentirait pas capable de recommencer !) 

Le temps de présence

De fait, l'enseignant se trouve sur son lieu de travail plus longtemps que le temps qu'il doit passer devant les élèves : l'emploi du temps est en effet mité (vous pouvez n'avoir que 5 heures de cours dans une journée et être présent de 8 heures à 18 heures) et ce temps libre est souvent perdu.

Pourquoi ne pas effectuer tout le travail sur place ? Après tout, ça nous ferait économiser une pièce "bureau" chez nous.

En effet, dans certains pays -comme la Grande-Bretagne- les enseignants sont sur place plus longtemps qu'en France. J'y ai vu des choses très intéressantes comme un tutorat d'élèves (un groupe composé d'élèves de différentes classes encadré par un professeur qui les accueille et les suit).

Cela dit, les situations ne sont pas comparables puisque les établissements anglo-saxons (du moins, ceux que je connais) sont beaucoup plus grands que ceux de France et organisés totalement différemment : des bâtiments entiers sont consacrés à une seule matière, avec une grande salle des professeurs où se trouvent de nombreux documents ainsi que tout le matériel dont ceux-ci ont besoin pour préparer leurs cours.

Rien de tout ça en France où les enseignants, dans la majorité des cas, n'ont à leur disposition qu'une pièce (souvent moins grande qu'une salle de classe), où se trouvent généralement la machine à café, une table, des casiers, des panneaux d'affichage, etc. Cette salle sert à tout et il est difficilement envisageable d'y travailler.

Les études dirigées

Ségolène Royal, lorsqu'elle était ministre, a instauré en 6è et 5è, des études dirigées par un professeur. Elles ont été mises en place, et ça se passe très bien.

Parfois, il s'agit de soutien méthodologique (comment s'organiser, comment apprendre une leçon, etc.), d'autres fois de soutien en français ou mathématiques.

Les établissements peuvent également faire une demande de CLAS (soutien individuel) pour les élèves les plus en difficulté.

Ne disons donc pas n'importe quoi : pour Ségolène Royal pas plus que pour n'importe qui ayant un peu réfléchi au sujet, il n'est pas question que les enseignants donnent 35 heures de cours -ce qui serait impossible- mais que leur temps de travail se passe en totalité dans l'établissement.

Ce ne serait pas si mal.

Ce n'est quand même pas l'idéal de perdre son temps entre deux cours, de passer des heures à travailler à domicile ni de consacrer une pièce entière à un bureau !

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L'enseignement du français  (ENSEIGNEMENT) posté le samedi 04 mars 2006 15:48

Blog de aurelia-lemonnier :} Démons & Merveilles {, L'enseignement du français

Ce que j’entends dire de l’éducation nationale me montre combien la réalité de ce qui se passe à l’intérieur des établissements scolaires échappe à ceux qui n’y travaillent pas.

J’aurais beaucoup à dire, mais je vais me concentrer sur un point qui me tient à coeur : l’enseignement du français.

L’une des choses qui m’agacent c’est qu’alors que beaucoup pensent que l’Education nationale est un mammouth hostile à toute réforme, chaque année nous apporte au contraire de nouveaux dispositifs, de nouveaux programmes, etc. que l’on n’a pas le temps de mettre en place avant qu’ils ne soient balayés par un nouveau gadget  qui souvent n’apporte rien de plus mais qui nous demande énormément de travail supplémentaire pour le mettre en place quand son application n’est pas tout simplement impossible (ex : le récent projet de l’apprentissage à 14 ans alors que la 3è DP6 –qui permet aux élèves de suivre plusieurs stages dans des domaines professionnels différents et d’élaborer leur projet futur- a été créée l’an dernier, en 2005 ou l'instauration du B2i -le brevet informatique- que tous les enseignants doivent pouvoir valider, alors que certains n'en ont pas les compétences et que l'accès à des ordinateurs, n'est pas toujours possible, etc). Si l’on semble tout rejeter avec virulence, c’est parce que l’on voit bien qu’il ne s’agit, à chaque fois, que de poudre aux yeux et que l’on ne s’attaque jamais aux vrais problèmes !

Or, l'enseignement du français est un vrai problème.

On sait que 20 % des élèves de sixième peuvent être considérés comme illettrés, mais  savez-vous par exemple qu’en primaire, en trente ans,  les horaires de français ont été amputés de plus de 630 heures et que la réduction s’est poursuivie au collège (en tout 800 heures de français en moins en arrivant en seconde) ! ? Et que, pour couronner le tout, on ne doit plus apprendre les conjugaisons (« Il s'agira pour l'élève, moins d'enregistrer mécaniquement la morphologie des conjugaisons, que de s'initier à l'usage des temps et des modes et d'en appréhender progressivement la signification. ») ni les règles de grammaire et d’orthographe par coeur (cf Marc Le Bris, Professeur de écoles : " Le programme consiste à observer et manipuler, mais absolument plus à apprendre. Les mots " transmission de connaissances " sont devenus des insultes. L'enfant doit découvrir tout seul. Mais comment, si on ne lui montre pas ? ")? Et que les nouveaux manuels scolaires se présentent sous forme de groupements génériques ou thématiques (ex : le thème du voyage en littérature, prend appui sur des textes d'Homère, Marco Polo ou Gérard de Nerval, juxtaposés comme s'ils étaient contemporains) au point que les élèves ne connaissent plus la chronologie des événements. Si l'on ajoute à tout ceci, une terminologie qui change régulièrement, au point que les élèves, d'un enseignant à l'autre, entendent parler, pour le même point du programme d'"énoncé ancré/coupé dans/de la situation d'énonciation"  ou de "système du discours et système du récit"

 

Comment voulez-vous, ensuite, que l'on n'entende pas en classes que la photographie fut "inventée, il y a très longtemps, au moins trente ans, Madame !", que la basilique de Saint Sernin, à Toulouse aurait été bâtie "au XIXè ou au XVIIIè siècle" ou que maison est un verbe, que ... stop.

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