Ne laissons rien passer !  (POLITIQUE & SOCIETE) posté le jeudi 02 mars 2006 10:21

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Cette scène a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres.

 

Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un homme noir.

 

Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de  l'air :

- Quel est votre problème, Madame?

- Mais vous ne le voyez donc pas ? Vous m'avez placée à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège, s'il vous plaît !!

- Calmez-vous, répond l'hôtesse, presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.

L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard :

- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place  libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y  a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois,  nous avons encore une place en première classe.

Avant que la dame puisse faire le moindre  commentaire, l'hôtesse de l'air continue :

- Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à  s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante.

 

L'hôtesse se tourne vers le noir et lui dit :

- Donc,  Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège vous attend en première classe.

 

Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène se levèrent et applaudirent...

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Poésie  (ART) posté le mercredi 01 mars 2006 23:09

Blog de aurelia-lemonnier :} Démons & Merveilles {, Poésie

« La courbe de tes yeux… »

 

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs

Parfums éclos d’une couvée d’aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l’innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

                   Capitale de la douleur, Eluard. 1926

 

 

L'amour qu'Eluard éprouva pour Gala, lui inspira de très beaux poèmes. Gala, ça vous dit quelque chose ? Normal, elle a été immortalisée par Dali (cf illustration "Galactée") pour qui elle a quitté ce grand poète.

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La fermeture des écoles privées francophones en Algérie  (POLITIQUE & SOCIETE) posté le mercredi 01 mars 2006 17:01

Blog de aurelia-lemonnier :} Démons & Merveilles {, La fermeture des écoles privées francophones en Algérie

L'Algérie n'est pas un pays arabe, mais a été arabisée lorsque les Arabes y ont apporté le Coran.

Cette arabisation s'est renforcée à la fin des années 70 : des voiles -non traditionnels en Algérie- ont recouvert les femmes et beaucoup d'élèves n'ont eu d'autre choix que de poursuivre leurs études en arabe.

Aujourd'hui, le gouvernement de Bouteflika ferme les écoles privées francophones : les élèves devront poursuivre leur scolarité à l'école publique où ni les enseignements, ni les choix pédagogiques ne sont les mêmes et où tous les cours sont en langue arabe.

Vu de France, on pourrait penser que la langue des anciens colons est enfin abandonnée et que ce n'est pas plus mal.

On n'aurait alors rien compris : 

 En effet, de nombreux Algériens ne parlent pas arabe chez eux, langue que certains ne découvrent qu'en entrant à l'école. Peuple amazigh (ou "berbère" pour les occidentaux), les nords-Africains parlent, à l'origine, le tamazight, langue qui n'a aucune racine commune avec l'arabe (par exemple, "étoile" se dit "nedjma" en arabe et "ithri" en kabyle). Aujourd'hui, bien sûr, certains ne parlent plus que l'arabe dialectal algérien, le gouvernement agit en ce sens comme le souligne la Constitution de 1989, qui instaure l'arabe comme langue nationale de l'Algérie.

L'Etat a interdit l'apprentissage scolaire du tamazight, et a même fait plusieurs fois tirer sur la foule (à balles réelles) lorsque le peuple algérien réclamait le droit de parler sa langue, sans parler des conditions suspectes de l'assassinat du chanteur Lounès Matoub qui revendiquait son amazighité (http://resistance.chiffonrouge.org/article.php3?id_article=201). 

Ceux qui choisissent aujourd'hui les écoles privées francophones font un choix réel : e choix de l'amour du français et de la France, mais aussi le choix de la liberté que représente ce pays par rapport à la réalité quotidienne qu'ils vivent, le choix d'un enseignement moins doctrinaire et plus scientifique. 

L'arrestation des journalistes algériens indépendants l'an passé, l'amnistie des terrorristes, n'ont pas suffisamment ému en France, et je m'interroge sur la manipulation dont Bouteflika fait peut-être l'objet par des islamistes.

Beaucoup d'Algériens quittent leur pays pour la liberté d'expression que leur offre la France.

Lire l'article de "Liberté", journal francophone algérien

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=53410

 

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La Parole des politiques  (POLITIQUE & SOCIETE) posté le dimanche 12 février 2006 16:36

Blog de aurelia-lemonnier :} Démons & Merveilles {, La Parole des politiques

On entend beaucoup de discussions autour des mots des politiques, et en particulier du registre de langue qu'ils emploient ou devraient employer. Ainsi, quelqu'un se félicitait du langage d'Olivier Besancenot qui parle comme nous avec nos mots, avec ses tripes.

Reste à définir ce "nous". Il n'englobe certainement pas les "grands" de ce monde, c'est le "nous" de la plèbe, le "nous" de "la rue" - qui ne gouverne pas, comme l'a fortement rappelé Jean-Pierre Raffarin, avant que, devenue citoyenne, elle ne le pousse à déchoir de Matignon. A ce titre -ou plutôt à cette absence de titres- je fais partie de ce "nous" pourtant trop pluriel pour revendiquer une identité et une pensée commune.

Le débat sur les propos déplacés de Nicolas Sarkozy s'est surtout attardé aux mots qu'il avait employés pour désigner le travail qu'allait faire sa police (un "nettoy[age] au karcher") et les "voyous" qui le huaient  ("des racailles"). L'emploi de ces termes est assez gênant dans un Etat de droit car nous devons sanctionner et réhabiliter les délinquants et non les exterminer. L'argument majeur des partisans du ministre de l'intérieur était qu'il parle comme nous, avec nos mots, avec ses tripes. Or, si le facteur de sa commune appartient bien à une catégorie sociale modeste, le Maire de Neuilly en affecte les manières d'une façon fort méprisante, en réduisant son vocabulaire à la portion congrue.

Pourquoi souhaiter que nos élus s'expriment avec familiarité ? Parce que ce serait notre langue ? L'intérêt de la langue est d'être un véhicule de la communication, sa richesse, de permettre de s'adapter à toutes les situations, pas de s'apauvrir en devenant un passe-partout. Respecter son interlocuteur, c'est évidemment lui parler de façon à être compris de lui et donc sans utiliser un jargon ignoré d'un néophyte ; mais le respecter, c'est aussi éviter le langage familier, grossier s'il ne s'adresse pas au cercle des familiers.

Imaginez un instant que je parle à mes élèves en utilisant leurs mots : "T'es aux taquets, en ce moment, Marine » ; « Tu t'es déchiré, Benjamin, c’est un pur devoir » ; « Vraiment, Non, Jérôme, ça l'fait pas ...".

On pourra en lire davantage sur racaille :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Racaille

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L'Affaire des caricatures  (POLITIQUE & SOCIETE) posté le dimanche 12 février 2006 16:26

Blog de aurelia-lemonnier :} Démons & Merveilles {, L'Affaire des caricatures

 

Manifestations, émeutes, appels au meurtre, assassinats, … Le monde musulman est à feu et à sang !

Pourquoi ?      

 

Les Danois ont déclenché la guerre, pensez ! Le Jyllands-Posten (journal danois), suite à l’autocensure qui règne au Danemark depuis l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh par un islamiste (cf l’affaire des illustrations d’un album pour enfants sur la vie de Muhammed ou Mahomet), et en réponse aux nombreuses caricatures de journaux arabes remettant en cause l’Holocauste et s’en prenant au régime israélien et au Talmud dans des dessins dignes du Stürmer (Journal allemand des années trente), a commandé à douze dessinateurs de dessiner ce que leur inspirait la figure du Prophète Muhammed, et ils l’ont fait, les bougres !

L’affaire date du 30 septembre et aurait pu en rester là, si des intégristes danois n’avaient fait la tournée des pays islamiques ou islamisés (du Maroc au Pakistan), caricatures à la main, pour jeter de l’huile sur des braises déjà incandescentes, (Le Canard enchaîné fait dire à un islamiste caricaturé : « Sur le plan religieux, les dessins me scandalisent ; sur le plan politique, ils font mon bonheur », car d’aucuns tentent d’embrigader les Musulmans de France et souhaitent une Troisième Guerre mondiale, sur fond de religions, comme le Président du parti islamiste algérien qui a déclaré : « Il faut en profiter pour propager notre religion »). Jugeant sans doute les dessins insuffisamment choquants, ils en ont même ajouté de leur propre cru et y ont joint la photographie d’un participant barbu au concours du cri du cochon (si, ça existe ! l’organisatrice a d’ailleurs témoigné chez Jean-Jacques Bourdin) censé être une caricature du prophète.

                        

Le CFCM, le MRAP, et d’autres ont porté plainte. Si je les félicite d’avoir choisi la voie juridique plutôt qu’insurrectionnelle, je ne les soutiens guère dans cette démarche, pour plusieurs raisons :

-          D’abord, il y a en France un vide juridique qui empêche de porter plainte pour blasphème (ce qui aurait en revanche été possible au Danemark), vide qui a conduit Mouloud Aounit à porter plainte pour incitation à la haine raciale. J’ignorais que les Musulmans étaient une race (déjà que les scientifiques s’accordent à dire que ce concept n’existe pas …). Il me semble contre productif d’évoquer à tout propos le racisme.

-          Ensuite, et cela me semble bien plus grave, j’aurais aimé que les Musulmans soient plus virulents contre les islamistes qui instrumentalisent l’islam en prétendant commettre meurtres et attentats au nom du prophète (c’est d’ailleurs ce que dénonce la caricature qui a le plus choqué : le turban du prophète est une bombe portant la déclaration de foi de tout musulman, ce qui illustre la vision de l’islam imposée par les extrémistes, pas celle des caricaturistes). Ce sont ces intégristes qui créent l’amalgame, les intellectuels musulmans le disent, qui parlent de « maladie de l’islam ». Musulmans modérés, criez avec force que vous refusez cette lecture du Coran qu’imposent les extrémistes. Vous battre à leur côté accrédite leur interprétation malsaine et conduit forcément à l’amalgame. Lorsque des drapeaux et des ambassades sont brûlés, lorsque des hommes sont tués, personne ne peut plus se battre contre las auteurs de simples caricatures !

-          Enfin, Mouloud Aounit est d’origine kabyle, et j’aurais aimé que ce descendant d’un peuple opprimé dans son propre pays, massacré parce qu’il revendique justement la liberté d’expression, en soit lui-même un fervent défenseur. Ce Monsieur serait plus crédible dans son combat « contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples », s’il ne se rangeait pas aux côtés de ceux qui se battent, pour reprendre le jeu de mots du « Canard » pour le respect de la  « liberté d’oppression » (Tiens, j’apprends à l’instant que deux journalistes algériens ont été arrêtés pour avoir eux aussi publié les caricatures. Pour quel motif ? le racisme ?).

 

Au début de l’affaire, je m’accordais à dire, comme mon compagnon qui est de culture musulmane, que ce n’était vraiment pas le moment d’attiser le feu, vu le contexte actuel.

Aujourd’hui, je souscris à l’appel de Max Gallo à « ne rien abandonner à la politique de l’apaisement » car la liberté d’expression fonde notre société et l’on voit bien comment certains tentent d’avoir une mainmise sur elle, demandant que l’on retire des lois (déjà lors de l’affaire du voile), que l’État présente des excuses au nom d’un journal (alors que nos Républiques sont fondées sur la séparation des pouvoirs), … Jusqu’où iront-ils si on leur prête allégeance ?

Céder un pouce de cette liberté d’expression serait perçu comme une première victoire par ces gens haineux qui souhaitent une scission entre les mondes occidental et musulman, ce que prouvent le fait que ce sont des imams extrémistes danois qui ont propagé la soi-disant agression et l’offre d’un chef taliban de dix kilos d’or à celui qui tuerait un journaliste danois.

 

La laïcité est une des conquêtes essentielles de la France. Elle s’est construite après des combats extrêmement violents. Max Gallo rappelle à juste titre que nous, Français, revenons de loin, en citant cet exemple : Vingt-trois ans avant la Révolution française, le Chevalier de la Barre, pour avoir été faussement accusé de ne pas s’être découvert sur le passage d’une procession  à Abbeville et avoir griffé une statue du Christ fut torturé et brûlé en même temps que Le Dictionnaire philosophique de Voltaire. C’est entre autres parce que nous avons gagné cette liberté d’expression que la France est un pays d’accueil pour tous ceux qui sont menacés.

Samedi 11 février 2006, des milliers de personnes ont manifesté pour défendre le respect des religions. Pourtant la critique de la religion est nécessaire à la démocratie.

 

Je soutiens donc la démarche de Charlie Hebdo qui publie ces douze caricatures assorties d’un appareil critique car il ne s’agit pas de provocation mais de défense de la liberté de la presse (ô combien fondamentale) : C’est le limogeage du Directeur de la publication de France soir, Jacques Lefranc, par le propriétaire, Raymond Lakah, homme d’affaire franco-égyptien chrétien (en n’agissant pas, il s’exposait sans doute à des représailles contre sa famille) qui les a poussés à s'engager. Vous me direz que les pressions sur les médias sont légion, aujourd’hui que la plupart d’entre eux appartiennent à de grands groupes financiers ; c’est vrai, et Charlie  –un des rares journaux indépendants avec Le Canard enchaîné - dénonce toute pression, il ne peut donc être soupçonné de parti pris dans cette affaire.

 

 

 

 

 

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